Après la présidence de l ‘UA, Tshisekedi s’active pour un siège de membre non permanent au Conseil de sécurité de l’ONU contre le Gabon

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Le siège de membre non permanent réservé à l’Afrique au sein du Conseil de sécurité de l’ONU pour les années 2022-2023 fait l’objet d’un vif bras de fer. Le Gabon est candidat mais la RDC fait des pieds et des mains pour s’imposer.

Objet d’un échange houleux durant le sommet de l’Union africaine (UA), qui s’est tenu les 6 et 7 février à Addis-Abeba, la question des sièges non-permanents réservés à l’Afrique au sein du Conseil de sécurité de l’ONU cristallise les tensions entre le chef de l’État congolais Félix Tshisekedi, président en exercice de l’organisation, et son homologue gabonais Ali Bongo.

Le Gabon et la RDC candidats

Après le siège occupé par le Niger ces deux dernières années et qui reviendra cet été au Kenya, un second se libérera l’an prochain. Candidat pour l’occuper, le Gabon s’est déclaré le 14 décembre auprès du Département des affaires politiques de l’UA, qui gère officiellement le processus de sélection. Mais bien que le dépôt des candidatures soit clos depuis le 30 décembre, Félix Tshisekedi manifeste, depuis son accession à la présidence de l’UA au début de ce mois, sa volonté de faire en sorte que ce siège revienne à la RDC.

Ainsi, si le sujet ne figurait officiellement pas à l’agenda du sommet des 6 et 7 février, la ministre des affaires étrangères de RDC Marie Tumba Nzeza a profité d’un moment réservé aux « questions diverses » le 7 février pour l’aborder et plaider pour que le choix du pays auquel reviendra le siège au conseil de sécurité soit décidé « par concertation entre chefs d’Etat », et non par le processus de candidature officiel géré par l’UA. La proposition a immédiatement reçu l’assentiment de Félix Tshisekedi, suscitant les protestations du ministre gabonais des affaires étrangères Pacôme Moubelet Boubeya.

Tshisekedi s’active

Déjà désigné chef de file des négociateurs africains à la conférence COP 26 sur le climat, qui se tiendra en novembre à Glasgow, le Gabon, qui a reçu le 1er février à Libreville le Britannique Alok Sharma, qui présidera la COP 26, avait prévu d’utiliser ce siège de membre non-permanent au Conseil de sécurité pour consolider sa position de leader africain sur les questions climatiques en Afrique. Un dossier sur lequel Ali Bongo est activement conseillé par son inamovible ministre des eaux et forêts, Lee White. Avoir un pied au sein de l’ONU permettrait également au pays de contrer les critiques faites par certains corps de l’organisation internationale sur les conditions de détention de plusieurs personnalités gabonaises, au premier rang desquelles l’ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo, Brice Laccruche Alihanga. Lorsqu’il était membre du Conseil de sécurité, le Niger avait ainsi pesé sur le travail des divers panels d’enquête de l’organisation au Sahel .

Mais l’activisme déployé par Félix Tshisekedi pour obtenir le siège à pourvoir à l’ONU vient bousculer ces plans. Pour le président congolais, ce siège offrirait une estrade internationale inespérée à la veille d’une année électorale : en 2023, Félix Tshisekedi remettra son mandat en jeu et aura besoin de toutes les opportunités pour consolider sa stature face à ses concurrents. Après la passe d’arme au sommet de l’UA, le chef de l’Etat congolais tente actuellement d’organiser une rencontre avec son homologue gabonais pour évoquer le dossier.

 Africa Intelligence

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